Dimanche 25 novembre 2018, la Nati est devenue, pour la 5ème fois de son histoire, championne d’Europe en détrônant le favori allemand.

Topsniper.ch a regardé cette compétition d’un œil externe mais les émotions n’ont pas manqué, raison pour laquelle nous adressons cette lettre ouverte à la Nati et au SHC Rossemaison.

Cher Nati, Cher SHC Rossemaison

C’est avec un léger pincement au cœur que nous nous sommes déplacés au forum Biwi de Rossemaison le week-end dernier car nous aurons aimé que l’aventure topsniper.ch se poursuive pour vous faire vivre différemment cette Coupe d’Europe des Nations. Malgré ce manque d’informations de notre part et un avis extérieur de celui des organisateurs, cette compétition a été un franc succès grâce à vous, la Nati et le SHC Rossemaison !!

On aurait pu craindre le pire après le premier tiers de la grande finale mais il n’en a été rien. On vous explique un peu plus en détails le bel après-midi que nous avons vécu ce dimanche 25 novembre 2018.

Arrivés à Rossemaison à 16h00 pour être sûr d’avoir une bonne place, on se retrouve devant une enceinte vide de spectateurs à l’extérieur et pourtant les voitures sont bien présentes dans les alentours et dans le nouveau lotissement de Rossemaison. On se rend donc serein à l’intérieur du bâtiment munis des badges offerts généreusement par le SHC Rossemaison.

La surprise est de mise, les gradins sont copieusement garnis et par chance nous pouvons nous installer au premier rang pour assister à un grand spectacle, du moins on le souhaitait très fort à cet instant-là.

Pour cette occasion, j’étais accompagné d’un jeune homme qui ne connaissait pas encore l’inline skater hockey il y a 18 mois ! Il ne fallait que quelques minutes pour que ses yeux s’ouvrent très grands devant la qualité des joueurs présents. Les Allemands et les Suisses envoyaient tour à tour des missiles en direction de leurs portiers, rien que ce moment-là valait déjà la peine d’être vécu.

Le jeune homme assis à mes côtés n’avait pas fini de s’émerveiller et pourtant l’avant-match n’était pas encore fini.

Le show des présentations des équipes pouvait débuter. Lumière tamisée, fumigènes (uniquement pour la Nati, yeah un peu de chauvinisme ne fait de tort) et musique entrainante ont lancé ce moment magique et c’est en toute logique que nous retrouvions Steve Nussbaumer pour nous présenter les deux finalistes de cette édition 2018. Le Jurassien mettait l’ambiance dans le forum biwi comme à son habitude et faisait monter la température. Le père de Valentin est très bien rodé dans cet exercice, on pourrait même croire qu’il a fait ceci toute sa vie ! Bravo !! Les nombreux drapeaux suisses, donnés gracieusement par le SHC Rossemaison venait en plus donner une touche supplémentaire à cet événement ! Maintenant place au jeu !

L’entame de match des Suisses était compliquée, mais heureusement le gardien Joël Vuilleumier effectuait des gros arrêts à la 2ème, 4ème et 6ème minute. Et quand ce n’était pas une mitaine, une jambière ou autres qui sortaient la balle, c’était la latte. Les hommes du duo Sprecher-Eisenring devaient faire le dos rond pendant quelques minutes avant de sortir du bois. La première véritable occasion helvète tombait à la 9ème minute par Alexandre Baeriswyl, idéalement servi par Cédric Paratte. Dès lors, la Nati prenait le match en main notamment grâce à la ligne offensive Vincent Stemer – Damien Voirol qui s’offrait les plus belles occasions au point de mettre les Allemands dans le flou total. La première pénalité du match aurait dû tombée à ce moment, mais les arbitres laissaient le jeu se poursuivre.  Damien Voirol échouait une dernière fois seul face au portier germanique avant la première pause.

Meli lance la Nati

De retour des vestiaires, la Nati reprenait avec la même intensité. Aron Fassora se faisait stopper irrégulièrement en zone centrale mais les arbitres restaient toujours de marbre. Suite à la nonchalance d’un défenseur suisse, l’Allemand Meyer s’en allait seul sur Vuilleumier mais le Jurassien sortait le grand jeu pour maintenir ce score toujours vierge. Frustré de cet arrêt miracle, l’attaquant délivrait un geste de frustration qui se transformait en 2 minutes de power-play pour la Nati. Le 4 contre 3 était stoppé 28 secondes plus tard car un Allemand donnait une charge inutile. Avec deux joueurs de plus sur le terrain, les défenseurs Alexandre Baeriswyl et Raffaele Meli multipliaient les passes transversales avant que ce dernier envoie un tir victorieux pour l’ouverture du score (1-0). Ce but diminuait l’intensité de la partie durant trois minutes mais celle-ci allait être relancée suite à une pénalité sévère à l’encontre des Allemands. A 4 contre 3, on retrouvait Raffael Meli pour la conclusion d’un but parfait. En effet, le Tessinois profitait de l’excellent travail et de la vision de jeu de Cyril Estoppey pour scorer dans un filet désert ! 2-0 pour une Suisse qui semblait être bien lancée ! Les Allemands pouvaient ensuite profiter de leur premier power-play de la partie mais ceci pas très longtemps car le germanique Schneider distillait une charge stupide  dans le dos d’un Suisse ! Une fois cette situation spéciale passée, la Nati profitait d’une très mauvaise relance de leur adversaire. Jérome Choffat héritait de la balle pour mettre le gardien Steffen en position malgré un angle très fermé. Au lieu de tirer, le Jurassien trouvait l’homme de ce tiers médian, Raffaele Meli, qui s’offrait un hat-trick parfait. 3-0 pour la Nati.
Les Allemands se relançaient 36 secondes plus tard suite à un coup-franc  qui a bien déstabilisé le positionnement de mur helvète puis à la 30ème minute sur un effort solitaire de Lenz qui trouvait la lucarne droite de Vuilleumier. Les deux rejoignaient les vestiaires sur le score de 3-2 en faveur des hommes de Sprecher-Eisenring, mais un fait de jeu survenu 1 seconde avant la sirène allait quelques peu modifié le scénario du dernier tiers.

Schneider n’aide pas son équipe

En effet, le talentueux Schneider avait la mauvaise idée d’appuyer trop une dernière charge alors que rien ne pouvait plus se passer. Ne supportant pas la décision du corps arbitrale et dans le feu de l’action, le N°18 allemand crachait sur un de ses adversaires ! La sanction de 2+5 minutes (+ pénalité de match) permettait à la Nati de jouer pratiquement toute la moitié du dernier tiers en supériorité numérique vu que les tiers-temps sont raccourcis à 15 minutes durant la compétition ! La Mannschaft tenait le choc en encaissant 2 buts (Vincent Stemer et Alexandre Baeriswyl) et en marquant un. Le score affichait donc un 5-3 pour Cyril Estoppey et consorts à la 38ème . Les espoirs allemands disparaissaient quelques minutes plus tard suite à un doublé du très bon Evan Flury. A 7-3, les Suisses jouaient plus décontractés en enfilaient les buts pour le plus grand plaisir du public présent. Damien Voirol, Fabian Rüfli et Vincent Stemer salaient l’addition pour une victoire amplement méritée.

Ce 10-4 final est juste exceptionnel et démontre l’entente dans ce groupe géré parfaitement par le duo Sprecher-Eisenring.

Ce titre de champion d’Europe permet maintenant de mettre en filigrane le dernier titre acquis par la Nati en 2012 à Givisiez. La possibilité de jouer chez soit pour remporter un titre n’est plus à démontrer ! La Suisse a remporté 4 compétitions sur son sol lors de 5 manifestations, soit un bilan de 80% ! Superbe. Au-delà, de ses statistiques, il est bon malgré tout de souligner le travail des coaches.  A nos yeux, il y a beaucoup de similitudes entre le duo Sprecher-Eisenring et Rigolet-Valsangiacomo. Il y avait toujours le gars qui permet la déconnade et l’autre sérieux. Ces deux duos ont su faire une alchimie avec des joueurs amateurs. Et rien de mieux que de mettre à la barre de l’équipe suisse des anciens joueurs qui connaissent parfaitement la situation.

 

Ce qu’on a aussi aimé :

  • L’organisation parfaite une fois de plus du SHC Rossemaison.
  • Voir différentes personnes de toute la Suisse venues supporter leurs joueurs de club.
  • Voir le président du SHC Rossemaison donner des drapeaux avant la finale. Ceci peut paraître bête, mais ça démontre qu’il était vraiment partout comme l’ensemble des bénévoles.
  • Le travail de communication du SHC Rossemaison pour mettre en vitrine cet événement. Tout ceci a des répercussions positives pour l’ensemble du inline skater hockey en général
  • L’entente du duo Voirol-Stemer qui avait son petit rituel lors de chaque but marqué.
  • L’équipe d’Ukraine qui est venue réconfortée les Allemands après la finale.
  • La performance d'équipe de toute la Nati.
  • Un Schneider a été néfaste dans le passé pour le inline skater hockey suisse, celui venu d'Allemagne a été bénéfique. La boucle est bouclée... En Allemagne, au Bayern plus précisément, on dit la routourne a tourné.