Chaque semaine, nous entendons au bord des terrains de vives critiques envers les arbitres et la formation de ceux-ci. Comme dans un bon nombre de sports. Nous-même avons aussi critiqué cette formation. C'est pourquoi, après discussions avec la FSIH, nous permettons à Alain Boson, le responsable du département arbitral, de s'exprimer sur le seul média suisse basé sur l'Inline Skater hockey. Présentation de son CV dans notre sport, formation des arbitres, quotas d'arbitres, réactions, communication de la FSIH et plein d'autres questions, cet première partie d'interview est des plus intéressantes. Bonne lecture à tous.

Nous remercions Alain pour sa disponiblité, pour ses réponses détaillées et pour son sens de l'explication. J'ai, tout comme lui, l'envie d'une plus grande collobaoration avec la FSIH. Nous pouvons, tout comme l'inverse, apporter un plus à la Fédération. 

Vive notre sport. 

 Thème qui es-tu ?

Salut Alain, j’aimerais tout d’abord te remercier pour avoir accepté de répondre à nos questions. Afin de tenir nos lecteurs au courant, nous avons eu certaines discussions avec la FSIH après avoir osé mettre en doute l’arbitrage et sa formation et avons décidé, en accord commun avec celle-ci, de réaliser cet interview. Peux-tu rapidement te présenter et expliquer ton parcours dans notre sport ?

En 2002, je suis arrivé à la Fédération par le biais de mon ami, Roland Pahud. Nous arbitrions ensemble sur la glace. Un jour, il m’a invité à venir voir un match de skater. Cela m’a de suite plu. J’ai énormément stressé lors de mon premier en tant qu’arbitre au skater malgré toute mon expérience sur glace.  

J’ai d’abord arbitré quelques matchs en ligues inférieures et j’ai ensuite été intégré tout d’abord la LNB puis la LNA. En 2003, j’ai repris la convocation de la LNA. Roland (n.d.l.r: Il était le responsable du département des arbitres) ayant décidé de prendre un nouveau virage dans sa vie, j’ai postulé pour le remplacer lors de la saison 2005. Le comité central ainsi que l’assemblée de la fédération ont décidé de retenir mon nom pour le poste. Pendant deux ans, j’ai aussi arbitré à l’internationale. De par mon activité professionnelle, je n’ai pas pu continuer.

 

Qu’est-ce qui te pousse à t’occuper de l’arbitrage et de la formation des arbitres ? As-tu toujours envie de continuer de prendre énormément de temps pour la FSIH ou as-tu des fois une certaine lassitude qui se crée ?

J’ai tout de suite trouvé dans l’équipe du département arbitrale une équipe motivée avec des relations plutôt amicales qui se sont vite renforcées. Personellement, je ne retiens pas le temps passé mais plutôt la notion de plaisir. J’ai instauré une gouvernance très participative au sein du comité. C’est indispensable de se rendre dispensable. Devoir compter sur une seule personne, c’est faire fausse route. Le jour où je me lasserai, je laisserai évidemment mon poste. Ce qui évite la lassitude, c’est de se remettre en question, d’écouter les gens et construire avec eux. Au départ, Roland s’occupait de tout. Le volume ne le permet plus maintenant, tout le comité travaille énormément.

Suite à une blessure au genou qui a stoppée ma carrière d’hockeyeur de glace, on m’a proposé de devenir arbitre. Je suis tombée dans la soupe. Cette souple-là, je l’apprécie, je la cultive et je la développe.

 

Thème La formation des arbitres

En quelques mots, peux-tu nous expliquer comment devient-on arbitre de ligues inférieures. Trouves-tu la formation de base assez poussée et aimerais-tu la faire évoluer ? Si oui, de quelle manière ?

Tout d’abord, pour devenir arbitre, il faut être motivé par la fonction. C’est la base essentielle. Il faut aussi avoir une personnalité assez forte pour gérer les enjeux d’un match et ce qui se passe autour du terrain. Finalement, il faut avoir une bonne connaissance des règlements et avoir des capacités physiques. Le respect, la concentration et la médiation sont aussi des éléments importants.

La formation actuelle, il y a deux jours obligatoires pour les deux premières années. Il ne suffit pas d’être au cours, il faut aussi participer. Après ces deux journées, l’arbitre passe un test physique. Il y aussi un test écrit. Les résultats sont les indicateurs qui vont permettre au comité arbitral d’attribuer à l’arbitre les catégories de jeu dans lesquelles il est autorisées de siffler. De plus, chaque arbitre est supervisé pour affiner le niveau de l’arbitre. Ce qui est important, c’est de mettre en œuvre le règlement lors d’un match avec tous les éléments externes.

Nous faisons un énorme travail de structure pour améliorer ces cours. Nous améliorons année après année la cohérence entre les régions. L’arbitrage de type « tessinois » ne ressemble pas toujours à un arbitre « romand » ou « suisse-allemand ». Nous voulons développer en permanence ces concepts de structuration et ferons des propositions très concrètes lors des deux prochains AG. On va mettre un accent bien particulier sur les plateformes collaboratives.

 

Il y a quelques années, le département arbitral avait l’objectif de mettre sur pied une plate-forme destiné aux arbitres mais aussi aux autres personnes (joueurs, coachs) pour tester leur connaissance. Est-ce que ce projet a été abandonné ou sommes-nous passés à côté de la mise en ligne de ce bel outil ?

 Pas du tout, cette plateforme existe depuis plusieurs années et est avant tout disponible pour les arbitres mais aussi pour chacun. Nous avons à peu près 180 questions. Cette année, les tests écrits ont été faits totalement online. Nous souhaitons développer pour la saison prochaine le design de cette plateforme.

Nous avons quelques profils enregistrés de coachs ou joueurs. Surtout de la région suisse-allemande. Pour y accéder, tout va changer dès la saison prochaine. Nous souhaitons centraliser les questionnaires et convocations sur le nouveau site de la FSIH.

 

Il faut bien avouer que les arbitres sont moins contestés au hockey sur glace que dans notre sport. Quels sont les facteurs qui expliquent cette situation ? La formation est-elle un de ces facteurs ?

Je ne suis pas tout à fait d’accord. J’ai l’impression que, sur la glace, les joueurs, les officiels et les spectateurs ne s’occupent moins de l’arbitre. Ils se concentrent plus sur le jeu. Sur glace, il y a moins de contact. Dans notre sport, une piste fait environ 800 mètres carrés alors qu’au hockey, la patinoire fait environ 1'800 mètres carrés. Cette proximité engendre un plus grand nombre de contact. L’information des joueurs et des officiels est meilleure au hockey et donc, les décisions sont mieux acceptées.

Un autre exemple, c’est le rugby. La formation des joueurs est simple, aucun joueur ne va contester une décision des arbitres. Pour moi, le dialogue et la communication sont essentielles. La contestation, c’est différent. La formation des arbitres est un facteur indiscutable. Sur la glace, plusieurs dizaines de personnes travaillent à plein temps avec des ressources incomparables. Nous sommes un petit poucet. On s’y approche en termes de structuration, on ne joue pas sur la même piste. 

 

Nous (topsniper.ch) nous ne sommes pas cachés de remettre en cause le fonctionnement de la formation arbitrale qui stagne depuis quelques années. Comment acceptez-vous ces critiques ?

Le jour où on n'accepte plus la critique, on n’a plus rien à faire dans la fonction dans laquelle on est. Elles sont toujours bonnes à prendre. Dénoncer de manière pas toujours correcte est une chose mais faire des propositions d’amélioration est une démarche il me semble beaucoup plus constructive. Donc ce qui me dérange le plus, c’est qu’aucune proposition est faite. Le parrainage, le groupe futur ou encore la supervision, la formation évolue. La stagnation comme tu le dis est une appropriation purement subjective. Lorsque vous remettez la formation en cause, il faut donner le point de vue inverse afin que le lecteur puisse se faire une idée objective. 

Pour faire évoluer les choses, il faut une démarche constructive. D’ailleurs, ceci a été fait puisque j’ai l’occasion de m’entretenir au téléphone avec toi pour cet interview. Je t’en remercie.

 

Vous avez à la fédération un départ de la communication. Pourquoi n’as-tu jamais utilisé ce support pour informer sur l’évolution de la formation des arbitres ?

On n’est pas très bon au niveau de la communication. C’est une priorité, nous devons nous améliorer. Si on compare avec des autres fédérations, nous devrions avoir des chargés de communication par département. On a un manque cruel de ressources.

 

Avec le nouveau système de feuilles de matchs, il faut noter l’arbitre qui a donné la pénalité. Seriez-vous prêt à nous donner les statistiques ou avez-vous prévu de divulguer le nombre de pénalités données par chaque arbitre (moyenne par match) ? Souvent, de nombreuses personnes pensent que des arbitres sont plus pointilleux que d’autres.

Par rapport à ça, l’objectif de cette documentation est d’utiliser cette base de données pour la formation des arbitres et d’analyser les résultats sous forme de tendances (par région, par ligue, par âge, etc.). Bien entendu que certains arbitres sont considérés plus pointilleux que d’autres. Cela va nous permettre de savoir si cette affirmation est juste ou pas. Gilles Sansonnens (ndlr : responsable technique de la FSIH) va nous donner cette base de données avec laquelle on travaillera. A mon avis, il serait intéressant de publier certaines tendances. Quelles pénalités ne sont jamais données ? Est-ce que les 2 minutes de méconduite ont été utilisées de manière importante cette saison ou pas? Si oui, dans toutes les régions ? C’est un bon instrument pour juger les choses de manière objective.

 

Chaque club doit posséder un quota d’arbitres. Dans le cas contraire, il paie une amende qui peut devenir salée avec les années qui se succèdent. Dans certains cas, des arbitres sans grande motivation et qui n’ont peut-être pas les compétences pour arbitrer remplissent les listes des clubs. Ne faudrait-il pas externaliser les arbitres, c’est-à-dire que les arbitres ne seraient plus obligatoirement attachés aux clubs, comme dans d’autres sports ?

C’est une excellente chose, nous sommes preneurs de suite. Par contre, est-ce qu’on aura assez d’arbitres pour assumer un championnat ? Je ne sais pas. Même la glace, qui est plus attractive pour les arbitres, a des quotas. De notre côté, nous avons baissé les quotas. Toutes les équipes sont traitées de la même manière actuellement.

Sur la dizaine d’arbitres qui ne seraient pas très motivés, certains prennent finalement du plaisir. C’était mon cas au hockey sur glace. Il faut pondérer cette motivation. Ce qui a diminué le nombre d’arbitres juste présent pour les quotas lors de nos formations, c’est le contrat d’arbitre. Je signe une prestation. J’achète tout de suite pour cette suppression de quota. Nous identifions rapidement les personnes qui viennent que pour remplir les quotas lors des journées de formation. A ce jour, j’en ai deux qui sont partis lors de cours de formation. Chaque année, nous avons 4-5 arbitres pas très motivés, surtout en début de saison, mais qui finalement ont quand même du plaisir.

 

 Les clubs de la CCLN (= Commission consultative des Ligues Nationales) demandent aussi une certaine progression pour la formation des arbitres avec notamment une deuxième journée de test pour obtenir sa licence. Est-ce que celle-ci sera mis sur pied ?

Dès l’année prochaine, les arbitres de LN devront suivre deux jours de formation. Cela fait deux ans que nous préparons ceci.

 

Thème En quelques mots

Si tu devais retenir :

 

- un arbitre : J’ai décidé de ne pas te donner de nom en tant que chef du département des arbitres. Un bon arbitre, c’est quelqu’un qui reste humble et qui peut se remettre en cause.

 

 - un joueur : C’est quelqu’un qui respecte son adversaire et qui se montre comme modèle.

 

 - un entraîneur : C’est celui qui transmet les valeurs essentielles à ces joueurs et qui s’assurent que ceux-ci les appliquent en tout temps. Un entraîneur doit être modèle. Sinon, il discrédite tous ses joueurs.

 

 - un club : Celui qui met les valeurs essentielles en avant et qui favorise les résultats de groupe avant ceux de l’individu. Certains ont une volonté différente. C’est souvent les mêmes clubs qui ont des soucis de quota d‘arbitres. C’est dommage qu’on parle toujours de ces problèmes qui représentent une partie infime de la Fédération.

 

 - un membre de la FSIH : C’est celui qui sait écouter, qui accueille l’autre dans sa différence et qui est capable de se remettre en question. Il faut savoir communiquer.

 

 - un souvenir en lien avec notre sport : Le plus important, c’est les échanges très constructifs d’après-match avec les joueurs et les entraîneurs autour d’une bière. Refaire le match. Discuter de tout le match. Ce sont  des échanges géniaux.

 

 Topsniper.ch, c’est quoi pour toi ?

C’est un partenaire important, bien présent et reconnu. C’est aussi une complémentarité à ce qui devrait être géré par la Fédération. Il n’y a pas de concurrence. Il ne doit pas y avoir de rivalité. Ce ne doit pas être non plus une vitrine condensée de frustrations. Ça devrait être un lieu où l’objectivité devrait primer sur la subjectivité et le clivage. Ensemble, on est plus fort. J’apprécie et je vais souvent dessus. Je pense qu’on a un gap d’améliorations de part et d’autres.

 

 Si tu pouvais dès demain changer quelque chose dans notre sport, quel serait ton vœu ?

Le vœu le plus important, c’est d’avoir plus de respect entre les diverses personnes. Il faut mettre l’intérêt de groupe devant l’intérêt individu. Le respect des uns et des autres. 

 

Merci à Alain. La deuxième partie arrivera dans les prochains jours. 

 

Photos : Alain Boson. 

Liker ou partager cette page

Contact TOP-SNIPER.CH

Vos informations et vos questions:
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Téléphone 078 842 86 26 
Lundi  au vendredi : 18h00 - 21h00
Samedi et dimanche : 10h00 - 20h00

Vos victoires font notre succès!

N'hésitez pas à nous envoyer vos informations. Nous nous ferons un plaisir de les relayer.
Vos fichiers audio, vidéo ou scripts peuvent être envoyés par whatsapp ou par sms au 078 842 86 26 mais également sur notre mail

 

Réalisation et design du site

GOS-prod